• Table des Matières

     Table des matières Voici une page qui va vous permettre de naviguer plus aisément entre les différentes nouvelles. Vous pourrez aller rapidement les chercher.

     

    Il vous suffira de cliquer sur le nom de la nouvelle pour y aller !

     

    /!\ Les nouvelles en rouge contiennent des scènes de violences et/ou de sexe. Je conseille donc au mineur de ne pas y aller (ou avec des pincettes si vous aimez les frissons ^^) Toutefois, s'il y a des scènes sexuelles, je le préciserais dans le GENRE de la nouvelle ! Ne vous inquiétez pas !

    Déjà que j'ai pas trop de raison de faire des nouvelles avec des scènes de sexe...

     

    UN INGRÉDIENT PERTURBATEUR

     [Mystère, fantastique]

    Résumé : Nollaig O'Ceallaigh doit faire un plat pour des restaurateurs plus que réputé. Mais il fait l'erreur d'acheter un chaudron à une sorcière...

    LE DROIT AU BONHEUR

    [Dystopie, tranche de vie]

    Résumé: Léandre est considéré comme un démon. Il n'a jamais été heureux. Mais il a la capacité d'utilisé une maladie pour enfin être heureux...

    LA PORTE DE LEBNA KAI

    [Mystère]

    Résumé: Aubry va pouvoir passer la porte... Mais qu'est-ce qu'il y a de l'autre côté ?

    RETOURNEZ VOTRE PHOTO S'IL VOUS PLAÎT

    [Mystère, Mort, Fantastique]

    Résumé : Il prend des photos. C'est un pari... Mais que se passe-t-il ?

    LE BAL DES HERMINES

    [Légende]

    Résumé : On raconte qu'une hermine aurait préféré se faire capturer plutôt que salir sa blanche robe. Et si c'était autre chose... ?

    LE FRISSON

    [Horreur, angoisse]

    Résumé: Célime se réveille dans une maison hantée qui a tout des films d'horreur.

    TENDRES SENTIMENTS

    [Jeunesse, tranche de vie, amitié]

    Résumé: Patrick Duguay est un orphelin. Il n'a rien dans la vie mais n'en a pas besoin. Mais lorsqu'il rencontre le bienfaiteur de son orphelinat, il se rend compte qu'il lui manque quelque chose.

    LA ZORILLE

    [Tranche de vie, humour]

    Résumé: Vous connaissez la zorille ? Non ce n'est pas un gorille qui zozotte ! Si vous ne connaissez pas, venez lire cette histoire abracadabrante qui pourrait expliquer ce que c'est vraiment...

     

    LA PÁDRAIG

    [Tranche de vie, "fic", romance]

    Résumé: Selia O'Ceallaigh est irlandaise immigrée. C'est le jour de la Saint-Patrick et elle aimerait le fêter... Heureusement, elle a un mari très aimant.

     

    LE SECRET DE MONSIEUR OLIVERS

    [Mystère, humour]

    Résumé: Monsieur Olivers est plutôt bordélique mais il ne fait rien pour changer les habitudes. Après tout, sa maison se range toujours mystérieusement...


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  • Table des matières

     

     

    PINK ZOMBIE

    Auteur original : Mika Weiseth

    Angry

    [Romance, Shonen-Ai, OS]

    Résumé : Jack essaie toujours de mettre Cain en colère. Mais il y a forcément une raison pour ça. Et si...

     


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  • Table des Matières

    Cette première page a pour but de vous permettre de naviguer aisément et d'aller chercher les romans que vous souhaitez parmi tous ceux qui se retrouveront ici. Chacun sera accompagné d'un petit résumé et de son genre pour que vous sachiez si vous voulez le lire ou pas.

    Table des MatièresIl suffit de cliquer sur le numéro du chapitre que vous souhaitez lire pour y avoir accès.

    Les numéros marquer en rouge contiennent des scènes qui sont déconseillés aux mineurs (que ce soit sexe ou violence). La présence de scène sexuelle sera toujours noté dans le GENRE de l'histoire en elle-même.

     

     

     

     

    Roman publié :

    Les miroirs ne mentent pas.

    Afin de pouvoir élever son enfant, Brianna s'enlise dans les méandres de la prostitution.
    Au détour d'un rayon de supermarché, elle croise Robert, qui provoque chez elle la fameuse "décharge électrique". Soutenue par sa meilleure amie et colocataire, Meghan, Brianna tente d'oublier la vie dans laquelle elle s'était enfoncée pour profiter de cette précieuse histoire.
    C'est alors qu'elle découvre qu'il y avait bien plus de secret dans sa vie qu'elle ne le pensait...

    Extrait : http://angelscythe.eklablog.com/les-miroirs-ne-mentent-pas-extrait-a114717566
    Pour plus d'information, allez voir sur l'accueil ^-^

     

    La chimère

    Genre : Fantastique

    Résumé : Jean-Marc Narean est un professeur de Français. Il aime le théâtre et s'est mis au défit d'écrire un roman dans le cadre d'un de ses cours. Seulement, il ne s'était pas attendu à ce que son personnage prenne brusquement vie et lui crie ses droits.

    1 - 234 - 5
    6 -789 - 10
    11 - 12 -13 -14

     

     

    La loi de Nietzsche

    Genre : Fantastique, Science-fiction, drame

    Résumé : Imaginez une planète qui soit en tout point pareille à la notre... à l'exception d'une particularité subtile. Ce qui nous tue, les rends plus forts et inversement. Que pourrait faire ce peuple au moment où un antibiotique est relâché dans leur air si particulier ?

    Prologue - 1 - 2 - 3

    4 - 5  - 6 - 7 - 8 - 9

    10 -111213 - 14

    15 - 16

     


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  • Un ingrédient perturbateur.

     

                Nollaig O’Ceallaigh était un cuisinier qui essayait de se faire une place dans le grand monde. Mais il n’y avait pas beaucoup de place pour lui dans ce milieu où il y avait tellement de concurrence. Pourtant, il ne perdait ni patience, ni espoir. C’était pour ça qu’aujourd’hui, il préparait quelque chose de spécial.

                Il avait décidé de faire un ragoût, mais pas n’importe comment : Un ragoût dans un chaudron qu’il avait acheté la veille à une femme étrange et de mauvais goût. Il l’avait lavé au mieux et était plutôt satisfait de lui, il brillait presque comme un sou neuf. Ayant commencé en faisant la plonge, il était plus qu’habitué à astiquer les choses.

                Le jeune homme, de déjà vingt-et-un ans, doté de cheveux bruns clair presque châtain avec des yeux bleus très profond, chercha après son livre de cuisine préféré. Celui sur la cuisine irlandaise, sa patrie. Il aimait revenir aux sources et passait beaucoup de temps sur cette culture qu’il n’avait jamais réellement connue, ayant malheureusement, pour lui, grandi en France.

                Il ouvrit le livre et il trouva bientôt un trèfle à quatre feuilles séché au milieu des pages. Un trèfle venant d’Irlande, offert par sa tante qui y vivait encore. Il sourit tendrement en le voyant, la sortit du livre quelques secondes pour l’embrasser puis chercha sa recette.

                Il posa alors le livre sur un plan de travail et il commença sa préparation, mettant de l’eau dans le chaudron puis de la viande et enfin des poireaux coupés en petits morceaux, et d’autres légumes et herbes. Dans ses gestes un peu amples, il fit même tomber un de ses chardons ornementaux de la cheminée qui était vraiment mal placé quand on y pensait.

                Malheureusement, il ne remarqua pas cet accident, car il était penché pour ramasser d’autres ingrédients à ajouter.

                Malheureusement, car il avait en réalité acheté le chaudron à une sorcière et que celle-ci avait beaucoup utilisé l’objet pour des potions plus ou moins dangereuses et qu’il avait beau avoir frotté, il restait encore des ingrédients. Dont certains réagissaient en présence de chardon.

     

                Quelques heures plus tard, Nollaig avait préparé la table où il allait recevoir trois grands restaurateurs. L’un d’eux allait peut-être l’engager dans son restaurant et il ferait enfin ce pourquoi il était fait et doué : la cuisine.

                Il revint dans la cuisine et il goûta son repas. Il eut à peine avalé une petite quantité de liquide, avec quelques légumes dessus, qu’il y eut un nuage de fumée autour de lui. Il toussa et hoqueta avant de faire du vent avec sa main pour faire disparaître le nuage.

                Il retrouva la clarté mais il y avait quelque chose de bizarre. Il sursauta alors en voyant, dans son champ de vision une queue brune avec le bout noir. Il attrapa ça pour voir que c’était… relié à son corps. Il leva la main et toucha deux petites oreilles rondes, il se précipita vers un miroir.

    - Je suis… à moitié hermine ?!

                Il eut un frisson d’angoisse et son cerveau réalisa rapidement ce qui avait pu se passer. Dès qu’il avait bu un peu du(contenu du chaudron, il était tombé sous un sortilège. Il ne savait pas ce qu’il s’était réellement passé mais il devait faire quelque chose. Déjà pour son apparence mais, surtout, pour cette nourriture ! Il ne pouvait pas se permettre d’avoir plein de semi-hermine dans sa maison. Et, surtout, ça n’allait pas beaucoup l’aider pour avoir un travail.

                Il se saisit du chaudron et il le traîna dans le jardin où il renversa tout avec un certain dégoût, n’aimant pas devoir faire un tel gâchis de nourriture. Il sentit sa queue s’agiter et il eut un frisson avant d’abandonner le chaudron dans le jardin.

                Il rentra et il regarda l’heure. Il ne lui restait qu’une demi-heure, une toute petite demi-heure. Il se saisit alors d’une casserole dans laquelle il mit généreusement du lait. Il alluma le feu et posa un paquet d’avoine à côté. Il se mit à couper des pommes assez rapidement puis sortit une boîte de raisin sec. Dès que le lait se mit à frémir, il jeta le contenu du paquet de porridge dans le lait et il jeta pomme et raisin.

                Plus que dix minutes. Il regarda sa queue et celle-ci s’agita. Il fila alors dans sa chambre et il mit un pantalon assez ample avant de glisser sa queue d’hermine, touffue mais fine en réalité, dans une des jambes, elle s’aplatit. Il attrapa alors un bonnet et le visa sur sa tête.

                Il revint dans la pièce, changea rapidement la table pour qu’elle corresponde à son plat  et il termina de mettre le plat dans les bols à l’instant précis où on sonnait à la porte.

     

                Nollaig se laissa tomber sur une chaise. Bien sûr, ça n’avait pas tant plu que ça. On lui avait dit qu’il était un bon cuisinier, qu’il savait mettre son travail en valeur, qu’il avait bien présenté la nourriture mais que son plat manquait grandement d’intérêt.

                Le brun retira son bonnet et il sortit la queue animale de son pantalon. Il se leva difficilement et il se rendit jusqu’au jardin pour récupérer le chaudron. Il se figea alors en voyant une centaine d’hermines minuscules. Tous les insectes ayant bu les restes de la nourriture s’étaient vus transformés.

                Et quelque chose lui disait que le sortilège allait continuer à se répandre. ça allait continuer. Il sentit sa gorge se nouée et il tomba a genou, convaincu de ne pas savoir comment arrêter cette future « épidémie » qui changera le monde, ou du moins la ville, en adorable petite hermine miniature.

                Ça aurait été à la télé, il en aurait sans doute sourit mais là… Il laissa passer un rire nerveux. Un ingrédient perturbateur


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  • Le droit au bonheur

     

                Le 1er Janvier de l’année 1851, la femme de la très réputée famille Smith met au monde son premier fils qui sera par ailleurs, son unique enfant. Elle est encore en train de le mettre au monde qu’elle sait déjà comment l’appeler : Léandre, comme un des personnages de Molière dont elle est si fane et ce malgré qu’elle soit une londonienne plutôt riche.

                Son mari n’est pas là, il a bien trop de travail pour s’arrêter pour « si peu ». Il savait que sa femme serait entre de bonnes mains, parce qu’il y avait la meilleure sage-femme de toute la région à ses côtés. Il l’a payée plusieurs centaines de livres sterling pour être sûr que tout se passera sans anicroche.

                Madame Smith, Elizabeth de son prénom, sourit en voyant qu’on lui apportait son enfant. Une toute petite chose braillant si fort que sa peau en semblait rouge. La jeune mère tendit les bras et elle serra la petite créature contre elle. Elle ne le remarqua pas, mais la sage-femme semblait moins heureuse que celle qui venait de le mettre au monde. En effet, elle, elle avait remarqué la couleur de cheveux peu orthodoxe de l’enfant. Des cheveux roux.

                Pourtant, ni Elizabeth, ni John, son mari, n’avaient les cheveux roux. D’aussi loin que se souvenait le couple, il n’y avait pas de roux dans leur famille.

                Mais puisqu’à cette époque, on ne parlait pas d’adultère, et encore moins quand c’était la femme qui le provoquait, personne ne sembla penser que Elizabeth ait pu le concevoir avec un autre que son mari.

    - Probablement… l’œuvre du malin. Chuchota la sage-femme quand la jeune mère remarqua, enfin, les cheveux de feu.

                Par peur de son mari, ou plutôt des racontars, Madame Smith s’empressa d’adopter cette conclusion : le malin avait pris possession du petit corps. C’était pour ça que ses cheveux étaient rouges, comme l’enfer, et que son corps se parsemait de petites tâches étranges.

                Le temps passa et les parents, bien sûr, s’occupèrent de l’enfant dénommé Léandre mais avec un certain détachement.

                L’enfant reçut beaucoup de cours, de professeur tous plus intelligent les uns que les autres. Professeurs qui acceptaient « le handicap » de l’enfant grâce à une somme plus que généreuse.

                Léandre devint vite un enfant très instruit, plus intelligent que la norme, mais il manquait désespérément d’amour. Surtout que ses parents s’entêtaient à le confiner dans leur maison. Parce que le petit mensonge de sa mère les avait condamnés tout trois à la honte. Si l’enfant était le fils du Diable alors la famille était forcément touchée. Cela expliquait pourquoi le père était si riche et la femme si belle.

                Ainsi, pour limiter les dégâts, on cachait Léandre. Comme si les parents auraient souhaité qu’on oublie jusqu’à l’existence de leur enfant. Le petit roux ne pouvait pas voir le monde. Il ne pouvait parler à personne, à part ses professeurs, bien sûr. Il ne pouvait ouvrir la porte. Il n’avait pas non plus le droit de regarder par la fenêtre dont tous les rideaux étaient toujours tirés. Ça donnait une impression austère à la maison qui n’était plus qu’un lieu sombre seulement éclairé par des bougies. Ce qui n’aida pas à les faire passer pour des gens respectables.

               

    Pourtant, ce jour-là, jour de ses seize ans, Léandre récupéra assez de courage pour braver les interdits. Il s’approcha de la fenêtre et posa ses mains sur les pans de tissu. Ils étaient doux, si doux. Il ferma ses mains dessus, inspira de l’air puis ouvrit les rideaux. Le roux se rassasia à la vue externe ce n’était qu’une ruelle, jonchée de crasse et ordures, mais comme il était heureux.

                Mais braver la première interdiction ne lui était pas suffisant : Il lui fallait plus. Léandre ouvrit alors la fenêtre. Celle-ci lui résista bien sûr, puisque n’ayant plus été ouverte depuis plus de seize années. Lorsqu’il réussit enfin à faire céder le bois, de grande bourrasque de vent, contenant des relents de crasse, entrèrent dans la pièce et il se rassasia de cet air  qui lui était pur et frais. Il se pencha en avant, au-dessus du vide et sourit un peu plus.

                Il remarqua des gens en bas et il les salua poliment.

    - Bonjour messieurs, agréable journée n’est-il pas ? Sourit-il doucement.

                En bas, les personnes se tournèrent et levèrent le nez. Un des deux hommes attrapa des fruits pourris sur le sol, signe qu’un marchand de primeurs venait par ici assez souvent.

    - Tu es celui qui a été enfanté par le Diable, non ? Questionna celui sans fruit.

    - Mes parents s’appellent John et Elizabeth Smith.

                Les hommes se firent des messes-basses avant que le fruit ne vole en direction du roux. Léandre connaissait l’odeur d’un fruit frais mais il toussa en sentant, l’odeur de pourri tandis que le fruit atterrissait sur son visage.

                Si lui devait rester confiné à l’intérieur de quatre murs et ne connaissait rien de la vie, tout le monde devait, malheureusement pour lui, le connaître.

                Cependant, Léandre n’avait jamais rien connu à part ses parents et ses professeurs qui, pourtant, le fuyaient. Il ne connaissait rien si ce n’était le dégoût. Et, aujourd’hui encore, il ne voyait que ça. Le monde ne contenait que deux choses : Le malheur et le dégoût.

                C’était à lui de régler, dès lors, ce problème. Et, par chance pour lui, ses parents avaient un grave problème. Ils s’en voulaient tellement de le rejeter de la sorte qu’ils lui passaient absolument tout.

     

                Quatre ans plus tard, dans sa chambre, Léandre était allongé sur son lit, il entendait ses parents crier, hurler. Ils avaient peur de l’eau et ils avaient renversés le seau qu’il y avait toujours dans un coin en prévision d’un incendie, la phobie de sa mère. De plus, depuis quelques jours, ils faisaient preuve d’une telle activité que leur fils avait préféré s’enfermer dans sa chambre.

                Mais ce n’était certainement pas là un comportement inné. Les deux venaient d’être infectés par le virus de la rage. Mais ce n’était pas dû à un quelconque animal. Si rien ne sortait de la maison, rien n’y entrait non plus, mis à part peut-être les provisions qu’on leur achetait en échange de beaucoup d’argent. Ca faisait longtemps que John ne travaillait plus, puisque vu comme un paria. Il n’y avait pas même des chauves-souris à la surprise quasi générale des habitants de la ville.

                En réalité, c’était leur fils lui-même qui les avait infectés avec le virus de la rage. C’était une maladie incurable. Il était alors sûr que ses parents, ses cobayes plutôt, en mourraient. Et si ça fonctionnait, il détiendrait entre ses doigts la source de son bonheur.

     

                Trois jours plus tard, les cris ayant cessé, Léandre quitta sa chambre et il descendit dans le salon, prudemment, un bout de bois en main. La seule chose qu’il devait éviter c’était d’être mordu car, sinon, il serait infecté par le virus. Le paria sourit froidement en voyant le corps inerte de ses parents. Ceux-ci commençaient même déjà à se décomposer. Le roux donna un coup de pied dans le corps de ses parents avant de sourire un peu plus. L’ayant privé d’amour, de liberté et même de vie, il était content, et même fier, de leur avoir pris la leur. Sans même se tâcher les mains.

                Léandre alla récupérer son flacon avec le virus de la rage et il l’enroula dans du tissu avant de le mettre dans la poche de son pantalon en toile. Prenant soin d’écraser la dépouille de ses parents, il sortit de la maison pour la toute première fois de sa vie. Il aspira l’air par grande goulée. Il sourit de joie, peut-être pour la première fois de sa vie, et il se rendit jusqu’au seul grand journal de tout le pays.

                Il entra dans l’endroit et il ne tarda à trouver l’éditeur. Il entra dans son « bureau » qui était en réalité une chaise derrière un panneau de bois. L’éditeur fronça les sourcils en le voyant. Il s’apprêta à se lever pour appeler la sécurité mais Léandre posa le flacon devant l’homme.

    - Ceci est le virus de la rage.

                Le journaliste fit un bond en arrière, surpris. Ca ne pouvait pas…

    - Mettez un message dans le journal. Toute personne ne faisant pas ce qu’il me plait, trouvera la mort, infecté par le virus de la rage.

    - Ce n’est pas…

    - Si vous insisté, je peux vous l’inoculer, mon bon monsieur. Sourit Léandre, jouant avec la fiole sous les yeux médusés de son vis-à-vis.

    - Ne soyez pas fou, je vous en prie…

                Il eut un hoquet avant de prendre un papier et d’écrire dessus. Le roux le fit réécrire plus de quinze fois avant d’être satisfait par le message qu’il y avait sous ses yeux. Il agita la main pour lui dire que c’était bon puis, enfin, il se leva.

                Il attendit que l’homme donne le papier à imprimer pour finalement, enfin, s’éloigner.

     

                Trois jours plus tard, un message apparaissait dans les journaux du pays, accompagné par une très mauvaise photo de Léandre qui permettait cependant de le reconnaître. Peu de personnes étaient à la fois si belle et si effrayante. Avec sa peau d’albâtre parsemé de douces tâches de rousseur mais avec des yeux qui semblaient venir tout droit des enfers.

    « Avis à la population,

    Léandre Smith, que nous appelons le fils du Diable dans la ville de Londres, possède entre ses mains l’arme qui causera notre mort à tous.

    Si vous ne vous pliez pas à sa définition du mot « bonheur » vous trouverez la mort sans plus tarder.

    Restez sur vos gardes. »

     

                Dix ans plus tard, n’étant pas fou, Léandre s’était terré quelques temps dans des caves inoccupés, mangeant des produits qu’il avait cultivé et des restes. Il sortait de temps à autre pour inoculés le virus de la rage à des gens qu’il n’aimait pas où à des innocents, rappelant ainsi qu’il existait et était toujours vivant.

                Il s’était arrangé pour que personne ne sache jamais ce qu’il faisait exactement, de sorte qu’on le laissait tranquille. Et les années passant, à mesure qu’il remontait petit à petit à la surface, son nom fut même oublié.

                On ne parlait plus de Léandre Smith mais seulement de « l’envoyé du diable » ou encore « le larbin de la mort ».

                En seulement dix ans, Léandre avait réussi à étendre la peur jusqu’au monde entier.

                Dehors, il y avait des hommes qui étaient maintenant payés pour déplacer les corps. Le virus prenait une ampleur qui déplaisait à la population, surtout que la maladie s’étendait au-delà des désirs du roux.

                Ce dernier restait souvent chez lui, les courses étant faites par un tiers qui était, heureusement pour l’employé, payé.

                Les rares sorties de Léandre lui avait permis de rencontrer un français. Un homme avec qui il s’était étrangement lié d’amitié bien qu’il avait le double de son âge, facilement. L’homme en question répondait au nom de « Louis Pasteur ». Ils avaient toujours de longues discussions Louis et lui. Leur prénom était souvent un sujet de conversation mais leur préféré restait la science.

                Ce jour-là, Louis vint chez lui. Il faisait toujours attention à ne pas être contaminé par qui que ce soit. Les rues étaient devenues dangereuses. Les comptes d’un journal prouvaient que plus de la moitié de la population humaine avait été décimée par le virus.

                Louis entra dans la maison et il rejoignit Léandre, qu’il ignorait, comme beaucoup d’autre, être l’investigateur de ce carnage sur terre. La plupart de ceux qui étaient au courant étaient morts depuis longtemps maintenant.

                Louis serra la main de son ami et regarda vers le bureau. Il remarqua alors la souche du virus de la rage que le roux avait oublié de mettre à l’abri, comme il le faisait à chaque fois qu’il avait de la visite.

    - Tiens, tiens, tiens, que vois-je. Toi aussi tu fais des expérimentations pour soigner la rage ? J’espère ne pas te voler la vedette. Rit-il gentiment.

                Léandre le regarda et il sourit, froidement. Louis ne le remarqua pas car il regardait le bureau de son ami.

    - Et où en es-tu ? Demanda le roux d’un ton doucereux.

                Il s’approcha de son lit, silencieusement. Louis sourit et se tourna vers lui.

    - Très proche. Je pense que d’ici un an, j’aurais la solution. N’est-ce pas formidable ?

                Léandre prit un tisonnier qu’il gardait comme ornement car il était très beau, avec une fleur de lys sur le bout. Il se tourna vers son ami et il fracassa l’arme de fortune sur le nez de Louis. Il commença à le frapper, malgré les cris, jusqu’à ce qu’il soit couvert de sang et que le scientifique perde le souffle.

                Il le fixa et lâcha le tisonnier avant de sourire. Il s’avança jusqu’au bureau et, en y mettant plein de sang de son ancien ami. Il vérifia que les échantillons étaient restés intacts. Il sourit alors en voyant que tout allait pour le mieux.

     

                On était en 1949, Léandre était assis dans un siège. Etonnement, à deux années près, il serait centenaire. Il avait vécu aussi longtemps grâce à sa propre médecine. Ironiquement car il avait causé la mort autour de lui. Tuant sans réfléchir, sans même prendre le temps de savoir si la personne qu’il infectait était vraiment mauvaise ou pas.

                Il avait une règle d’or : seul son bonheur comptait. Ce pourquoi les gens avaient vécu dans la peur, tremblant à chacun de leurs faits et gestes.

                Léandre eut un sourire glacial.

    - Je suis… le seul… à pouvoir être heureux…

                Il ferma lentement les yeux et son souffle se coupa. Sa main s’ouvrit et un flacon glissa, faisant se fracasser le virus de la rage sur le sol.

     

                Dehors, il n’y avait plus rien. Le monde était couvert de corps en décomposition. De personnes agonisantes sous la maladie mortelle de la rage qui, suite à la mort de Louis Pasteur, dont on s’intéressa que peu à cause du manque de loi, ne trouva jamais d’antidote.

                Rares devaient être les survivants. Mais ceux-ci pourraient peut-être réellement vivre. Sachant que le poison qui avait créé cet enfer, cette presque fin du monde, venait enfin de trouver le repos éternel.


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